L’approche systémique fait partie de nos outils pédagogiques car elle permet la compréhension des dynamiques de groupe et des mécanismes qui mènent au conflit. Prise dans son contexte global, une tension peut se comprendre et s’aborder sous différents angles.
L’approche systémique telle que nous la pratiquons s’inspire des travaux de Paul Watzlawick et de l’École de Palo Alto. Nous nous intéressons à l’impact des attitudes et des perceptions de chacun sur l’ensemble du groupe.
Dans un contexte de formation, les exercices proposés vont permettre à chacun de trouver sa place dans le collectif et de comprendre l’importance de chaque place. Cette prise de conscience favorise une meilleure estime de soi et plus de tolérance envers autrui.
Chaque personne joue sa propre partition. Celui ou celle qui semble poser problème est souvent le moteur du changement, nous poussant à modifier notre manière de penser, de parler, d’agir. Bref, à gagner en congruence !
Nous nous appuyons également sur les principes systémiques pour mieux accompagner les équipes, les classes, les familles : tout groupe qui souhaite poser un regard distancié sur son fonctionnement.
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Dans le cadre particulier du théâtre-forum, l’animateur aide le public à repérer ces changements et à réfléchir à leurs effets, en s’appuyant notamment sur le modèle de la spirale dynamique pour évaluer les propositions en termes d’avantages et de limites.
Quelle que soit la situation que l’on vit, que l’on ait le rapport de force ou non, que l’on soit au cœur du conflit ou témoin du conflit, on a toujours une marge de manœuvre pour changer quelque chose : on peut changer son regard sur soi, sur la situation ou sur l’autre.
On peut favoriser un dénouement heureux ou augmenter la violence, on peut se sentir concerné ou s’en aller, etc. C’est pourquoi, même s’il est pertinent de porter son attention plus particulièrement sur la personne qui est dans la situation la plus inconfortable afin de chercher comment elle peut faire évoluer la situation, il est également intéressant de voir que chaque personnage est susceptible d’amener du changement.
C’est ici que réside le pouvoir de l’approche systémique, dans cette possibilité de décrypter en quoi le changement de regard ou d’attitude d’un personnage modifie la situation, mais également les représentations et les comportements des autres personnages.
La recherche d’alternatives développe l’imagination — « qu’est-ce que je ferais si j’étais au cœur de cette situation ? » — et l’anticipation — « quels sont les bénéfices et les risques de chaque attitude ? ». On s’intéresse non seulement au résultat objectif et observable (extérieur) — « qu’est-ce qui a changé ? » — mais également à l’impact sur l’intériorité de chaque personnage : « en quoi l’intervention du spect’acteur a-t-elle modifié les représentations et le ressenti des autres personnages ? »
Pour cela, on interroge le personnage afin qu’il fasse part au public de ce qu’il ressent. Parfois, le public a l’impression que rien n’a changé, et c’est effectivement le cas si l’on s’intéresse uniquement aux faits. Mais, en réalité, le changement est en train de se mettre en œuvre à l’intérieur des personnages. L’animateur du théâtre-forum invite à prendre conscience de ces changements extérieurs et intérieurs et peut également éclairer, de façon plus précise, les bénéfices et les limites des propositions en s’appuyant sur le modèle de la spirale dynamique.